Manga donné à un fan de BD

La semaine passée, en cherchant des références photos pour dessiner des samouraïs, j’ai retrouvé un manga chinois que j’avais acheté à Hong Kong en 2001 lors de ma première visite.
La couverture cartonnée magnifique représente un jeune homme au teint rose pâle, à l’air déterminé, habillé d’une tunique claire à broderies dorées, et dont les cheveux longs ondulent au vent.
Le papier est épais et les dessins nets et soignés. L’histoire semble être celle de ce jeune homme et d’une quête mystérieuse qui l’emmène à travers je ne sais quel pays (mais il y a des campements aux tentes similaires à des yourtes, mais plus angulaires), avec une jeune fille qui lui colle aux semelles, en évita d’être au milieu pendant les combats, et qui le regarde avec des yeux pleins d’amour.

C’est un bel objet mais il ne sert qu’à remplir ma bibliothèque : je n’ai jamais été alléchée ni par ce que l’histoire semble être, ni par les dessins que je trouve ressembler trop à ceux des dessins animés pour enfants. À l’époque, c’était soit la couverture qui m’a plu, soit c’était le seul manga que j’ai pu trouver par faute de temps.

Toujours est-il qu’aujourd’hui au hasard de la venue d’un plombier pour prévoir quelques travaux, ce manga a changé de mains !

À la vue sur ma table de la BD ‘le garage hermétique’ de Moebius, le plombier m’a demandé si j’étais fan de BD et m’a dit que lui l’était. ‘Non, pas vraiment,’ lui dis-je, ‘mais j’aime Moebius. On m’a offert cette BD, et je recopie des dessins que j’aime sur mon carnet.’ C’est clairement un passionné. Il va même faire des pèlerinages en Belgique, capitale intersidérale de la bande-dessinée.

‘Si vous êtes fan de BD, vous aimez peut-être les mangas,’ lui dis-je. ‘J’ai retrouvé un manga de Hong Kong dont le style ne m’inspire pas.’ Et je prends le livre et le lui tends. ‘Vous le voulez ?’

Banco. Il a hésité juste le temps protocolaire, et est reparti avec un grand sourire. Moi aussi ça m’a fait plaisir que ce livre ait trouvé un meilleur propriétaire que moi.